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Convoqué
par le Président de la République,
Chef de l'Etat, Chef du Gouvernement,
le séminaire ayant pour thème
"Moralisation et Justice"
conçu et préparé
par la Cellule de la Moralisation
de la Vie Publique de La Présidence
de la République s'est tenu
les 04 et 05 février 1999
au Palais des Sports du Stade de
l'Amitié de Cotonou.
Ont pris part à cette rencontre
des Représentants des Hautes
Institutions de la République,
des Magistrats de nos Cours et Tribunaux,
des Représentants de nos
différents départements
ministériels, des Officiers
de Police Judiciaire, des Cadres
de l'Administration Centrale des
Finances et des Représentants
qualifiés de la Société
Civile.
Mais Pourquoi un tel séminaire
?
Il n'est aujourd'hui un secret pour
personne que la société
béninoise est malade du comportement
des citoyens. La propension à
se mettre au travers de la loi,
à faire de la mauvaise gestion,
la corruption, la concussion, le
népotisme, le régionalisme,
l'enrichissement illicite, l'usage
abusif des biens de l'Etat et l'impunité,
sont devenus les normes au point
où se retrouve marginalisé,
totalement déphasé,
le citoyen qui essaie de représenter
la conduite prescrite par la loi
ou la morale.
La fibre morale de la société
est quotidiennement malmenée,
sournoisement sapée affaiblissant
ainsi la conscience d'appartenir
à une communauté sociale
nationale.
Les repères éthiques
disparaissent laissant place aux
maux et autres tares qui ont fait
naguère le lit à la
déchéance politique
morale et économique de notre
Nation.
C'est donc à bon droit qu'aujourd'hui,
notre peuple en appelle à
la nécessité de l'assainissement
des mœurs publiques à
plus d'ordre dans la gestion des
affaires de l'Etat à une
administration à opacité
moins pesante, à une justice
plus crédible transparente
et efficace.
Il faut pour ce faire s'engager
dans la voie de la moralisation
de la vie publique béninoise
pour redonner confiance au peuple.
Quel rôle doit jouer dans
cette mission de salut collectif,
la justice, seul organe constitutionnellement
habilité à dire le
droit dans notre pays?
A-t-elle en l'état actuel
de son fonctionnement les moyens
de jouer pleinement ce rôle?
.
Que faire pour l'y amener?
Telle est la problématique
de ce séminaire dont la cérémonie
d'ouverture aura enregistré
trois interventions
Dans son allocution le Ministre
de la fonction publique du travail
et de la Réforme Administrative
assurant l'intérim de son
homologue des finances a mis l'accent
sur la moralisation de la vie publique
et la bonne gouvernance qui constituent
l'un des piliers du programme d'action
du gouvernement dont le volet assainissement
des finances publiques est un des
points focaux du combat pour la
transparence et la visibilité
dans la gestion des affaires de
l'Etat.
Prenant à son tour la parole
le garde des sceaux, Ministre de
la justice de la législation
et des droits de l'homme, après
avoir mis en relief les dangereuses
tares de notre Administration Publique,
a souhaité que le présent
séminaire parvienne à
circonscrire les réels maux
dont souffre notre société
et à applique la thérapeutique
capable de les anéantir ou
tout au moins de les réduire.
Il a ajouté que le défit
de la moralisation appelle l'action
et l'interaction de toutes les couches
sociales et beaucoup plus particulièrement
de certaines Institutions de l'Etat
notamment la Justice qui devra faire
la toilette en son sein.
La justice dira-t-il doit constituer
le support de la Moralisation et
pour ce faire elle doit se débarrasser
de ses propres tares que sont entre
autres la lenteur excessive des
procédures des déviances
éthique notées au
niveau de tous les acteurs de la
justice.
Ouvrant au nom du Président
de la République empêché
le séminaire, le Ministre
du Plan de la Restructuration Economique
et de la Promotion de l'Emploi,
a indique que le Gouvernement de
la République a décidé
de faire de la moralisation de la
vie publique pour l'année
1999, le sujet central de tout débat
en vue d'une mobilisation générale
de l'opinion nationale et internationale
à travers une vaste sensibilisation
et des débats critiques avec
les différentes couches et
Institutions de la Nation pour la
promotion et le progrès de
l'action entreprise.
Poursuivant son intervention, le
Représentant du Chef de l'Etat
précisera que l'objectif
du présent Séminaire
est d'identifier et d'analyser les
divers goulots d'étranglement
à l'action de la moralisation
de la vie publique au niveau de
l'Exécutif, du Législatif
et du Judiciaire en vue d'atteindre
les performances visées par
le Gouvernement pour la réussite
d'un combat aussi difficile et complexe
mais noble et exaltant.
Il a rappelé les rôles
déterminants que devront
jouer la Justice et l'Assemblée
Nationale dans ce combat qui vise
à lutter contre la corruption
pour un développement durable
Avant d'ouvrir les travaux, le Ministre
du Plan de la Restructuration Economique
et de la Promotion de l'Emploi,
a au nom du Chef de l'Etat, exhorté
les séminaristes à
faire valoir leur génie créateur
pour enrichir les débats
dont les conclusions seront inscrites
dans les annales de l'histoire de
notre pays le Bénin.
Après le départ des
officiels invités à
la cérémonie d'ouverture
les membres de la cellule de la
moralisation de la vie publique,
Organisateurs du présent
séminaire, ont procédé
à l'installation du présidium
appelé à diriger les
travaux.
Ce présidium est composé
comme suit:
- Président : Monsieur Louis
René KEKE
Avocat Général au
Parquet Général prés
la Cour Suprême;
- Secrétaire de Séance
: Monsieur Jérôme ASSOGBA
;
Inspecteur Général
des Services Judiciaires du Ministre
de la Justice de la Législation
et des Droits de l'Homme;
- Rapporteur Général
: Monsieur Victor D. ADOSSOU,
Directeur de Cabinet du Président
de la Cour suprême.
Les travaux du séminaire
ont démarré par la
présentation d'une série
de trois communications qui ont
été suivies de débats
La première communication
ayant pour thème "Justice,
socle de la moralisation "
a été présenté
par Monsieur Arsène CAPO-CHICHI
Président de la Cour d'Appel
de Cotonou.
Le communicateur a au cours de sa
présentation mis en relief
les missions traditionnelles de
la Justice, la part de la moralisation
de la vie publique dans les missions
de la Justice et les obstacles à
l efficacité de la Justice
Rappelant le rôle de régulation
sociale qu'est celui du Juge de
la société, le Conférencier
a conclu à la nécessité
de faire de la Justice, l'organe
chargé d'assurer le respect
des valeurs et de l'enracinement
des bonnes mœurs au sein de
la société. De part
sa mission juridictionnelle, la
justice reste le socle incontournable
de la moralisation de la vie publique
donc le partenaire privilégié
de la Cellule de Moralisation de
la Vie Publique pour le prolongement
de son action à dominance
préventive.
C'est pourquoi il est nécessaire
voire indispensable de faire lever
au plus tôt les obstacles
qui en handicapent le bon fonctionnement.
Ces obstacles ou dysfonctionnements
qui sont d'ordre aussi bien quantitatif
que qualitatif ont été
suffisamment identifiés lors
des travaux des Etats Généraux
de la Justice tenu en Novembre 1996,
travaux auxquels il importe de donner
les suites nécessaires.
Quant à la deuxième
communication elle avait pour thème
"le rôle de l'Assemblée
Nationale dans la moralisation de
la vie publique". Présenté
par l'Honorable Député
Charles DJREKPO, cet exposé
a mis en exergue en un premier temps
les maux qui minent la société
béninoise. La communication
mettra ensuite l'accent sur le rôle
à double volets de l'Assemblée
Nationale dans le processus de la
moralisation qui consiste:
1- à prendre dans les limites
constitutionnelles, les lois pour
fixer les repères, régler
les comportements, organiser et
prescrire les règles de fonctionnement
des institutions et administrations
pour qu'elles empêchent les
déviances observées
au sein de la société;
2- à contrôler l'action
gouvernementale. Cette mission est
essentielle pour la bonne gouvernance,
pour la survie et le renforcement
de la démocratie.
Par cette fonction l'Assemblée
Nationale dissuade et redresse les
déviances dangereuses de
l'Exécutif.
La troisième communication
présentée par le Bâtonnier
Robert DOSSOU avait pour thème
"Justice et Moralisation au
service du développement
économique".
En mettant l'accent sur la vision
globalisante que l'Etat se doit
d'avoir de la question du développement,
le conférencier a insisté
sur la nécessité de
la création dans notre Pays,
d'environnement porteur de sécurité
juridique et judiciaire.
Il a été en effet
démontré que l'investisseur
ou l'opérateur économique
qu'il soit national ou étranger,
a besoin de règles juridiques
claires et accessibles d'une administration
publique qui lui inspire confiance
et d'une justice indépendante
et transparente crédible
et efficace qui rendre des décisions
dans des détails raisonnables
et conformes à la loi.
De riches et fructueux débats
ont suivi ces différentes
communications et ont présenté
l'avantage "d'aguerrir"
les séminaristes avant leur
répartition dans les trois
ateliers qui ont été
constitués.
Le premier atelier qui a réfléchi
sur le thème "Justice,
socle de la moralisation" a
d'une manière générale
mis l'accent sur le rôle,
les actions et les procédures
à suivre par le procureur
de la République pour être
efficace dans le processus de moralisation
de la vie publique. Cet atelier
a été dirigé
par Maître Adis SALAMI, avocat
à la Cour avec le soutien
de Monsieur Didier FALADE comme
Rapporteur.
De l'examen des divers points examinés,
il ressort, s'agissant de l'état
des lieux des questions que:
- il se passe généralement
un temps trop long entre l'enquête
administratif et la mise en œuvre
de la procédure judiciaire
ce qui n'est pas de nature à
faciliter l'administration d'une
bonne justice en matière
de moralisation de la vie publique;
- la diminution drastique des effectifs
au niveau des parquets et cabinets
d'instructions qui constitue également
une entrave au bon fonctionnement
de l'appareil judiciaire;
- les conditions matérielles
de la vie et de sécurité
des magistrats devenues de plus
en plus précaires;
- les pressions de toutes sortes
psychologiques, sociologiques, politiques
qui empêchent de garantir
l'indépendance et la dignité
des magistrats;
- la politisation à outrance
de l'administration en général
et de l'administration judiciaire
en particulier;
- l'inadéquation des textes
au contexte socio-économique
et culturel de notre pays;
- le secret de l'instruction dont
le principe est posé à
l'article 11 de notre Code de procédure
pénale qui ne permet ni au
parquet ni à la juridiction
d'instruction de livrer au public
des informations sur les dossiers
en cours d'instruction
L'impunité dont se sentent
assurés les responsables
politiques du fait à la non
installation de la Haute Cour de
Justice de l'Etat.
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