L’implication
de la Société Civile dans
le Combat contre la corruption est incontournable;
la Société Civile doit être
une société mordante pour
obliger les gouvernants et les cadres à
gérer sainement les deniers de l’Etat.
Le 16 juillet 1998, conformément
aux résolutions issues du Forum National
de la mobilisation de la société
civile pour la lutte contre la corruption,
le gouvernement du Bénin a installé
officiellement le ‘’Front
des Organisations Nationales Anti-Corruption’’
(FONAC) pour exercer les pressions
nécessaires, toutes les fois qu’il
y a corruption ou risque de corruption ou
bien jouer le rôle de lobbying sur
le gouvernement.
Le
présent ouvrage consigne les différents
actes du Forum national sur la mobilisation
de la société civile contre
la corruption (FONAC) tenu du 26 au 28 mars
1998 à l’hôtel Accor
Alédjo, sur l’initiative du
gouvernement. Ce Forum, à n’en
point douter, constitue la véritable
pierre angulaire du vaste chantier de moralisation
de la vie publique mis en œuvre par
le programme d’action du gouvernement.
Cet
événement a suscité
un grand enthousiasme au sein du peuple
béninois tout entier engagé
désormais dans la voie de l’assainissement
des mœurs et de la bonne gouvernance.
La lutte pour la moralisation de la vie
publique et contre la corruption
participe de la réalisation d’un
des objectifs contenus dans le livre ‘’Préparer
le Bénin du futur’’
du général Mathieu Kérékou
et libellé en ces termes :
"
Lorsque la corruption devient endémique,
l’ensemble de la machine économique
est miné par les lois mafieuses du
profit occulte et illicite, le règne
de l’argent sale, la compromission
et la vénalité des agents
de l’Etat. De ce fait, la société
se trouve en péril d’autant
que le phénomène s’auto-alimente
et tend à s’accélérer.
La corruption est la plus grande menace
au redressement économique de notre
pays et à l’enracinement des
valeurs de la démocratie républicaine.
Elle décourage les investissements
privés, entretient l’inflation,
développe la paresse dans la fonction
publique, empêche le bon fonctionnement
de l’appareil économique".
Ce
diagnostic montre que la corruption est
un phénomène dévastateur
qui gangrène et compromet le redressement
économique des pays en développement
en général et de la République
du Bénin en particulier.
Pour
éradiquer ce fléau, une lutte
implacable doit être menée
contre les forces qui, tant sur le plan
national que sur le plan international,
œuvrent par tous les moyens pour anéantir
les efforts des gouvernements. Ainsi, de
nouvelles lois doivent être votées
non seulement pour moraliser tout comportement
contraire à l’éthique,
les campagnes électorales, la vie
des parties, mais aussi pour réprimer
les signes extérieurs de l’enrichissement
illicite des hauts fonctionnaires de l’Etat.
- Sur
le plan national, le gouvernement se doit
de les appliquer avec rigueur et sans
la moindre complaisance.
- Sur
le plan international, l’appui de
la communauté internationale a
été déjà sollicité
à travers des institutions et organisations
internationales telles que la Banque mondiale,
pour l‘insertion de clauses anti-corruption
dans les codes des marchés, Transparency
International (TI) pour la mise en place
d’un pacte d’intégrité
et telle que la Coalition Mondiale pour
l’Afrique (CMA).
En
tout état de cause, la clarté
de la gestion de la chose publique, l’obligation
de rendre compte publiquement et régulièrement
constituent les facteurs essentiels de la
lutte contre la corruption dans une société
démocratique, dont la réalisation
passe par trois impératifs que sont
la transparence, la responsabilité
et la sanction.
La
transparence sera assurée par des
mesures et des actions conséquentes
pour réduire et déconcerter
le pouvoir discrétionnaire des fonctionnaires
et rendre accessibles au public et aux usagers
des administrations, les règles et
procédures en vigueur. La responsabilité,
c’est le devoir et l’obligation
pour tout agent de l’Etat de rendre
compte, non seulement à sa hiérarchie,
mais aussi à l’endroit de la
communauté. La sanction doit être
perçue et assumée comme le
salaire de toute forfaiture : pour chaque
faute ou crime économique, sera infligée
une sanction correspondante dont l’application
ne devra souffrir d’aucune remise
en cause d’où qu’elle
vienne.
"
Il n’y a pas de petites corruptions,
toutes les corruptions doivent être
combattues partout et tout le temps, sur
la voie publique, dans les dispensaires
et les hôpitaux, dans les bureaux,
au marché, sur nos routes, dans les
entreprises, etc. ".
Mais
pour éradiquer le phénomène
de la corruption, la seule volonté
politique au plus haut niveau ne suffit
pas. Il faut en plus un effort persistant,
une mobilisation permanente de toutes les
forces vives de la Nation ainsi que leur
adhésion sincère et profonde
à des valeurs éthiques clairement
définies.
Ainsi
donc, l’enthousiasme suscité
par l’organisation de ce forum révèle
que les différentes composantes de
notre société ont pris conscience
du rôle important que représente
la moralisation de la vie publique dans
le devenir du Bénin.
Les
travaux de ce Forum ont porté sur
une analyse collective de la situation économique
et sociale : environnement de l’entreprise,
pratique entrepreneuriale, rôle de
la société civile, structures
à forte propension de corruption,
éducation et corruption en milieu
électoral.
Ce
Forum a débouché, sur d’importantes
recommandations qui doivent servir de socle
pour tout plan de lutte contre la corruption
en vue de l’enracinement des valeurs
morales en République du Bénin.
Si ces recommandations sont mises en œuvre
avec esprit de suite et de responsabilité,
le Bénin pourrait relever le défi
de la moralisation de la vie publique et
jeter les bases d’une bonne gouvernance
sans lesquelles tout programme de développement
économique équilibré
et durable serait voué à l’échec.
La
publication des actes fondamentaux du Forum
traduit la volonté manifeste du gouvernement
et de la communauté internationale
à œuvrer dans une transparence
totale afin que les résolutions prises
ne tombent pas dans l’oubli mais qu’elles
constituent plutôt les termes de référence
d’une action à laquelle s’associe
tout le peuple béninois pour mener
une croisade contre cette gangrène
de notre siècle.
Enfin,
le gouvernement remercie les partenaires
au développement du Bénin
et les institutions internationales qui
n’ont ménagé aucun effort
pour apporter tout leur soutien à
l’organisation de cet important Forum
et compte encore sur leur collaboration
pour la réussite de cette lutte difficile
mais combien exaltante et noble.
Cotonou, le 12 janvier 1999
La
corruption, une préoccupation générale
Synthèse des
communications et recommandations du FONAC
Le diagnostic du mal
Les approches de
solutions au mal
Les moyens à mettre en
œuvre |