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L’ETAT
DES LIEUX DES DISPOSITIFS DE LUTTE
CONTRE LA CORRUPTION AU BENIN
I)
LES DISPOSITIFS PREVENTIFS MIS EN PLACE
POUR LUTTER CONTRE LA CORRUPTION
1. La mise en place de nouvelles
réformes (textes, structures, système
de contrôle)
2. L’organisation des séances
de sensibilisation :
Ainsi
on peut citer :
· l’atelier régional
bilingue qui a connu la participation de
près de quinze pays le 15 janvier
1998 ;
· le Forum National pour la mobilisation
de la Société Civile pour
la lutte contre la corruption en vue d’une
implication plus accrue de la société
dans le combat contre la corruption les
26, 27 et 28 mars 1998 ;
- L’implication de la Société
Civile dans le Combat contre la corruption
est incontournable ; la Société
Civile doit être une société
mordante pour obliger les gouvernants et
les cadres à gérer sainement
les deniers de l’Etat.
·
le séminaire Moralisation et Justice
organisé les 04 et 05 février
1999 dont le but est d’impliquer les
trois pouvoirs que sont l’exécutif,
le législatif et le judiciaire :
à ce séminaire d’importantes
décisions ont été prises
à savoir la saisine concomitante
du Procureur parallèlement à
l’enquête administrative. C’est
une décision prise pour réduire
l’impunité car le procureur
une fois saisi, peut procéder à
un mandat dépôt en vue d’infliger
au besoin une peine pénale alors
que l’exécutif ne peut pas
aller au delà de la sanction administrative.
·
le séminaire Redéfinition
des Attributions de la CMVP pour une large
diffusion au niveau de l’Administration,
du Secteur privé et de la Société
Civile , séminaire au cours duquel
le chef de l’Etat a pris l’engagement
ferme de faire recenser tous les dossiers
de malversations depuis son accession à
la magistrature suprême du 09 avril
1996 au 21 avril 1999. Ainsi deux-cent quatre
vingt quatorze (294) dossiers de malversation
ont été recensés dont
-
cent vingt (120) dossiers se trouvent devant
la justice ;
- cent vingt et un (121) dossiers devant
le Conseil de discipline ;
- Cinquante trois ( 53) dossiers devant
le Conseil des Ministres.
Les
moyens matériels et financiers ont
été mis à la disposition
des magistrats par le gouvernement pour
accélérer les procédures
en vue du traitement diligent des 120 dossiers
déjà en instruction . Les
moyens financiers s’élevant
à 277 638 250 FCFA et ont été
payés régulièrement
par mandats ci-après : BE N°
307/ MP N° 877 du 14 mars 2000 de 32.400.000
FCFA, BE N° 308 MP 878 de 241 238 250
du 14 mars 2000 et BE N°400/MP/1138
du 21/03/2000 de 4.000.000 de FRANCS CFA.
L’inventaire
des dossiers permet de constater que l’étude
des dossiers portent sur la période
de 1991 à 1996.
Selon
l’organisation judiciaire et au regard
des statuts des agents permanents de l’Etat,
les cent vingt et un (121) dossiers du Conseil
de discipline ne pourront être examinés
qu’après les décisions
de la justice.
Les
cent vingt (120) dossiers envoyés
à l’instruction se trouvent
ainsi répartis devant les différents
tribunaux.
TABLEAU
DE REPARTITION DES DOSSIERS
Sur
les cent vingt
( 120 ) dossiers, le Procureur
de la République de la
précisé au cours d’un
point de presse tenu le 09 mars 2000. que
tous les dossiers ne sont pas d’ordre
pénal, certains seront retournés
à l’exécutif. S’agissant
les dossiers qui sont d’ordre pénal,
le Procureur a été ferme en
disant que tous les citoyens sont égaux
devant la loi et seront traités suivant
les rigueurs de la loi. Il faudrait aussi
noter que parmi les cent vingt dossiers,
il y a des dossiers qui sont purement correctionnels
et n’ont pas besoin d’être
inscrits au rôle des sessions d’assises.
S’agissant
des dossiers qui ont un caractère
pénal, le Procureur de Porto-Novo
a déclaré à une émission
’’vision sur LC2 ‘’
du 25 avril 2000 qu’il y aura une
session spéciale pour certains dossiers,
les autres dossiers seront certainement
enrôlés dans les sessions ordinaires
de juillet ou décembre 2000.
·
le lancement du Code d’éthique
et de Moralisation des Marchés publics
en vigueur depuis le 22 juin 1999 dénommé
dans certains pays ‘’pacte d’intégrité’’
qui a permis d’associer les consultants
de la société civile en vue
de garantir la transparence dans les procédures
de passation de marchés publics.
Ce code fait partie des textes d’application
de l’ordonnance N° 96-04 du 31
janvier 1996 portant Code des marchés
publics applicables en République
du Bénin.
Un
arrêté du Ministre des Finances
a fixé les critères de désignation
des consultants de la Société
Civile.
Le
code d’éthique et de moralisation
des marchés publics est déjà
mis en place.
·
le lancement des Manuels de Procédure
et du guide des usagers des Ministères
qui a commencé par le Ministère
d’Etat, chargé de la coordination
gouvernementale pour rendre l’administration
plus performante afin que les ignorances
des uns ne soient plus exploitées
par les autres ; le prochain ministère
prévu est le Ministère des
Finances.
·
Aujourd’hui, la CMVP s’attelle
pour que tous les services de l’Etat
soient dotés de guides des usagers
pour garantir la transparence au niveau
de l’administration et la rendre plus
performante.
3
- L’élaboration des spots et
sketches de sensibilisation tant sur les
antennes de la radio et télévision
publiques que privées :
-
sur l’utilisation abusive des véhicules
administratifs,
- sur la nécessité d’avoir
une justice performante,
- la corruption pendant les élections.
4
- La tournée de sensibilisation pour
la lutte contre la corruption sur les axes
routiers à l’endroit des usagers
et les Agents chargés du contrôle
sur les axes.
Le
16 juillet 1998, conformément aux
résolutions issues du Forum National
de la mobilisation de la société
civile de la lutte contre la corruption,
le gouvernement du Bénin a installé
officiellement le ‘’ Front des
Organisations Nationales Anti-Corruption’’
(FONAC) pour exercer
les pressions nécessaires, toutes
les fois qu’il y a corruption ou risque
de corruption
ou bien jouer le rôle de lobbying
sur le gouvernement.
Par
ailleurs, le gouvernement a décidé
de renforcer les structures de contrôle
telles que l’Inspection Générale
des Finances (IGF), la direction de l’Inspection
et de Vérification Interne (DIVI)
par des formations régulières.
La
Cellule de Moralisation de la Vie Publique
(CMVP) s’appuie sur ces structures
de contrôle pour mener ses investigations.
Pour
mieux comprendre le phénomène
de la corruption en vue d’apporter
les solutions adéquates , la Cellule
de Moralisation de la Vie Publique a recruté
des consultants, tant nationaux qu’internationaux
pour faire des études sur les thèmes
ci-après :
1°/
Responsabilité et rôle de l’administration
dans la Moralisation de la Vie Publique
2°/ Redéfinition des attributions
de la Cellule de la Moralisation de la Vie
Publique pour une large diffusion.
3°/ Programme de Moralisation en vue
de promouvoir les valeurs éthiques.
4°/ Rapport d’évaluation
de la politique de Moralisation de la Vie
Publique au Bénin.
5°/ Lutte préventive contre la
Corruption par la mise en place des contrôle,
audit internes et indépendants.
6°/ La mise en place de tableaux de
bord au niveau de l’administration
pour évaluer les performances requises
et éviter les dérapages.
II
– LES ACTIVITES DE CONTROLE
Suite
aux dénonciations des citoyens, la
Cellule de la Moralisation de la Vie Publique
intervient à travers des contrôles
inopinés et des commissions d’enquête
en collaboration avec les structures d’appui
des Ministères.
.Au
terme de trois années d’activités,
la Cellule de Moralisation de la Vie Publique
a obtenu les résultats suivants :
-
Démantèlement d’un réseau
de trafiquants de véhicules volés
;
- Démantèlement d’un
réseau de trafiquants de fausses
cartes grises ;
- Démantèlement d’un
réseau d’auteurs et complices
de faux dédouanement de marchandises
;
- Démantèlement d’un
réseau de contrebandiers au Port
Autonome de Cotonou
- Démantèlement d’un
réseau d’inspecteurs des impôts
et douaniers pour trafic d’exonérations
;
- exécution d’une opération
montée sur la question d’insécurité
au Bénin à la frontière
bénino- togolaise ;
- Participation à plusieurs commissions
d’enquête pour vérifier
la gestion financière des agents
de la fonction publique
- Marquage de véhicules administratifs
pour en éviter l’usage abusif
;
- Contrôle inopiné sur les
véhicules administratifs en vue de
vérifier la régularité
de leur usage ;
- Arrestation d’agents en flagrant
délit de corruption ;
- Détection d’un réseau
de faussaires de visite technique des véhicules
;
- Interventions dans les règlements
de problèmes contentieux
administratifs
ou irrégularités relatives
aux examens, concours et licenciements.
-
Au niveau du Ministère des Finances,
des cadres impliqués dans des malversations
financières au niveau de la douane
et des impôts ont été
relevés de leurs fonctions et traduits
en justice. Près de cent cinquante
millions de ces fonds ont été
recouvrés sur un montant de plus
d’un milliard de francs, le dossier
étant toujours en instruction ;
-
L’élaboration de la première
loi de règlement en 1999 depuis 1960
.
-
Le traitement de cas quotidiens de malversation
dont les plaignants sont souvent satisfaits
des interventions de la CMVP pour le règlement
de leur différents.
III-VOYAGES
D’ETUDES OU SEMINAIRES D’ECHANGES
D’EXPERIENCE
SUR LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION :
Etant
donné qu’il n’y a pas
d’ école de moralisation de
la Vie Publique, ni un modèle figé
de lutte contre la corruption, les membres
de la Cellule de la moralisation de la Vie
Publique ont effectué des voyages
d’échanges d’expériences
dans les pays suivants en vue de renforcer
leurs capacités techniques :
-
Washington à la Banque Mondiale pour
exposer le plan d’action du gouvernement
sur la lutte contre la Corruption (1997)
- Maputo, pour la conférence de la
Coalition mondiale pour l’Afrique
(1997) ;
- Pérou ; 8ème conférence
anti-corruption sur la corruption à
Lima (1997)
- Espagne séminaire anti- corruption
organisé par le FMI à Lisbonne
(1998) ;
- en France à l’Institut International
de l’Action Administrative (IIAP)
pour un stage de perfectionnement sur le
contrôle et l’évaluation
de l’action administrative ; (1999)
- Botswana dans le but d’échanges
d’expériences des deux pays
;( 1999)
- Afrique du Sud; 9ème conférence
anti-corruption à Durban (1999)
- Sénégal, élaboration
du code de transparence dans la gestion
des finances publiques pour les pays de
l’UEMOA.(1999) ;
- Italie ( Rome) échange d’expériences
(1999)
Sur
le plan international, le Bénin est
le seul pays francophone d’AFRIQUE
a être sélectionné aux
côtés de six pays anglophones
par la Banque Mondiale, pour exposer ses
expériences en matière de
lutte contre la corruption sur le plan mondial
à Johannesburg.
Dans
ce cadre cinq (05) Béninois représentant
différentes structures de lutte contre
la corruption au Bénin à savoir
:
-
la Cellule de Moralisation de la Vie Publique,
- l’Inspection Générale
des Finances,
- la Justice,
- le Front des Organisations nationales
de lutte contre la corruption (FONAC)
- Transparency International,
ont
été désignés
pour rédiger un programme national
de lutte contre la corruption.
Ces
cinq béninois ont reçu une
formation au siège de la Banque Mondiale
, par téléconférence
au Bénin et en Afrique du Sud à
Durban.
Le
gouvernement du Bénin a décidé
d’élaborer une stratégie
nationale de lutte contre la corruption.
Des
actions identifiées par cette équipe
seront évaluées en juin 2000
par la Banque Mondiale.
IV)
Perspectives pour l’an 2000
1) Stages et Formations
-
Stage de Perfectionnement des OPJ à
l’Ecole de Gendarmerie de Fontainebleau
sur la délinquance financière
;
- Stage de perfectionnement des OPJ au Service
Central de Prévention de lutte contre
la corruption à Paris ; (recherche
de financement)
- Stage de perfectionnement des conseillers
à la Chambre Régionale des
Comptes en France et des magistrats ; (recherche
de financement)
- Stage de perfectionnement sur le territoire
national
( comptes de gestion, bilan, douane etc…..)
recherche des structures d’accueil
- Formation en Informatique ;
- Stage de perfectionnement pour la maîtrise
et l’étude des procédures
de passation des marchés publics
;
- Appui au recrutement à la formation
et au perfectionnement des magistrats ;
- Formation bilingue et structures de lutte
contre la corruption ;
- L’organisation d’un séminaire
régional pour l’adoption d’une
convention régionale et sous-régionale
de lutte contre la corruption;
- L’appui à la Cellule de la
moralisation pour devenir un centre d’échanges
d’expérience dans la sous-région
et permettre aux citoyens béninois
d’échanger avec d’autres
pays ;
-
A cet effet, l’appui au financement
du siège de la Cellule de la moralisation
de la vie publique pour lequel le gouvernement
du Bénin vient de débloquer
soixante-six (66) millions au titre de l’exercice
2000 , le chef d’Etat a déclaré
dans son discours à la nation sa
volonté de rendre la Cellule de Moralisation
de la Vie Publique pérenne , sous-tendue
par une loi et non plus par un décret
avant la fin de l’an 2000;
-
L’appui financier et technique à
la société civile pour lui
permettre effectivement de jouer son rôle.
-
Mise en place d’un plan de communication
avec des relais dans les départements
avec l’installation d’un site
internet.
2)
ACTIVITES PROGRAMMEES
-
Une vaste campagne de sensibilisation dans
les écoles au niveau de la Société
Civile et autres ;
-
recenser les condamnations pécuniaires
prononcées par les cours et tribunaux
de justice au profit de l’Etat et
de procéder à leur exécution
effective ;
-
mise en place d’un plan de communication
décentralisé au sein de la
Cellule de la Moralisation de la Vie Publique
avec des relais dans les départements
et sous-préfectures ;
-
Organisation d’un forum régional
et sous-régional en vue de la mise
en place d’une convention régionale
de lutte contre la corruption (financement
à rechercher) ;
-
Confection de panneaux d’affichages
géants sur différents thèmes
en guise de sensibilisation ; sensibilisation
de la jeune couche juvénile ;
-
Voyages d’Etudes, de séminaires
; renforcement en capacités techniques
des membres de la Cellule de la Moralisation
de la Vie Publique( Formation au Bénin,
à l’extérieur du pays)
-
Mise en place de stratégies de toutes
sortes pour détecter les cas de corruption
;
-
Renforcer les structures de la justice afin
que les activités de la Moralisation
ne soient pas frappées de nullité
;
-
Nomination de magistrats chargés
entièrement d’étudier
les dossiers de détournement et de
corruption ; il faudra prendre en compte
la formation des intéressés,
résoudre leurs problèmes de
sécurité et de logistique
;
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